Transfert émotionnel et contre-transfert

Publié le 7 Mai 2014

Transfert émotionnel et contre-transfert

Transfert, terme utilisé en psychothérapie pour décrire la réaction émotionnelle d'un patient à l'égard du thérapeute.

Origine du concept

Ce terme englobe à la fois la projection (déplacement) sur le thérapeute de pensées et de sentiments éprouvés initialement par le patient à l'égard de personnes ayant joué un rôle fondamental dans son enfance et la réaction émotionnelle du patient aux pensées et sentiments qu'il attribue au thérapeute. La plupart du temps, le patient éprouve d'abord l'état affectif transféré pour ses parents ou des personnes proches de lui, appartenant généralement mais pas systématiquement à son enfance.

Le transfert ne se produit pas uniquement en psychothérapie. Il s'agit d'un phénomène particulièrement répandu dans les premiers stades d'une relation et qui diminue au fur et à mesure que la personnalité de l'autre apparaît plus clairement. L'exemple le plus frappant de transfert est l'état amoureux. La personne aimée est alors idéalisée et parée de qualités appartenant à une personne, souvent un parent, ayant beaucoup compté dans la vie de celui qui aime. Avec le temps émerge une image plus objective de la vraie nature de l'être aimé.

En psychanalyse, le patient parvient à résoudre des conflits nés de traumas trouvant leur origine dans la petite enfance, grâce à l'analyse de l'expérience transférée. L'accent est mis sur la compréhension de l'origine des problèmes d'un individu. Dans d'autres formes de psychothérapie, l'accent est mis davantage sur le sentiment de bien-être du patient et sa capacité à changer. Il s'agit plus précisément d'aider le patient à acquérir une plus grande indépendance et des moyens d'affronter des situations génératrices d'angoisse.

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Le terme de «!transfert!» fut utilisé pour la première fois par Sigmund Freud, au début de l'histoire de la psychanalyse. Selon lui, le processus entravait l'émergence de souvenirs refoulés et limitait l'objectivité. Plus tard, il considéra le transfert comme un élément central pour les interprétations et l'objectivité de l'analyste : il affirma que le patient parvenait à comprendre la signification de son comportement névrosé en transférant sur l'analyste des émotions éprouvées antérieurement. Freud décrivit ce phénomène comme l'interprétation de transfert. La relation du patient à l'analyste comme à un parent, par exemple, est appelée relation de transfert, et l'expérience émotionnelle de cette relation, vécue par le patient, s'appelle la névrose de transfert. La psychothérapie humaniste et comportementale reconnaît le transfert mais ne cherche pas à l'utiliser.

Contre-transfert

Ce terme fait référence à la réaction émotionnelle du thérapeute à l'égard du patient. Il peut être considéré comme un obstacle au processus thérapeutique, dès lors que les conflits non résolus du thérapeute sont introduits dans sa relation avec le patient, ce qui conduit à une réduction de la capacité d'objectivité du thérapeute. On parle alors de contre-transfert «!anormal!» ou «!actif!».

Les émotions suscitées chez un thérapeute ayant conservé une certaine objectivité peuvent être considérées comme ayant été induites par le patient. Ce type de lien, qui trouve souvent son origine dans le passé du patient, peut alors servir de base d'interprétation et être utilisé au service du processus thérapeutique. Ce type de contre-transfert est appelé «!réactif!».

Le contre-transfert réactif peut ensuite être divisé en deux types, complémentaire et concordant. Dans le premier cas, les sentiments sont complémentaires!; par exemple, le patient éprouve de la peur tandis que le thérapeute se sent protecteur. Dans le type concordant, le thérapeute ressent la même chose que le patient : par exemple, le thérapeute a peur lorsque le patient a peur. Dans ce dernier exemple, les sentiments de contre-transfert sont dus à l'identification ou à l'empathie du thérapeute vis-à-vis du patient.[1]

[1]"Transfert," Encyclopédie® Microsoft® Encarta 97. © 1993-1996 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

Transfert:

Selon le domaine dans lequel nous sommes, la notion de transfert peut avoir des définitions différentes comme :

En psychologie expérimentale, le transfert d’apprentissage ou de compétence désignent le report d’un savoir ou d’un savoir faire acquis dans un domaine particulier sur une autre activité. Dans le monde du travail, nous parlerons de compétences transférables dans l’évolution du salarié dans l’entreprise (par exemple, la capacité d’un individu à communiquer et à faire preuve d’empathie dans un poste de technicien après vente peut être transférable dans un poste de vendeur).

En psychanalyse, le transfert désigne le déplacement d’affects vers le psychanalyste. Très utile en psychanalyse comme en psychothérapie, le transfert permet au « psy » de mettre à jour les désirs refoulés des patients, comme le découvrit et le décrit Freud lorsqu’il traitait une de ses patientes qui projetait sur lui des sentiments amoureux qui ne lui étaient pas à l’origine destinés. Il peut être positif ou négatif, selon que le report est favorable ou hostile.

En psychothérapie, le transfert consiste, pour le patient, à réactiver des situations souvent refoulées, et les projeter sur le thérapeute pour qu’il puisse traiter les effets des émotions qui y sont liées. La première phase consiste, pour le thérapeute, à aménager le transfert pour repérer et comprendre les affects reportés, et d’aménager en conséquence la thérapie (méthode, durée, fréquence…). La deuxième phase permet quand à elle de résoudre le transfert, c’est à dire de modifier les affects du présent liés au passé.

« Par exemple, dans le cas de stress post traumatique, la peur irraisonnée d’une détonation (un pétard du 14 juillet) peut pousser un sujet qui a été choqué par la guerre, à plonger se réfugier sous la table du salon pour se protéger. L’aménagement du transfert va permettre de comprendre et d’évaluer la situation d’origine, grâce notamment à l’anamnèse1, pour mieux comprendre les affects qui y sont liés, pour enfin résoudre le transfert en provoquant la « catharsis2 » et en déconnectant ensuite les émotions liées au bruit de détonation. »

Kohut3 décrit plusieurs types de transfert :

  • Le transfert en miroir → rechercher l’approbation du thérapeute,

  • Le transfert idéalisant → se sentir compris et protégé par une personne qui suscite l’admiration,

  • Le transfert à alter égo → être comme l’autre, se sentir accepté.

Pourquoi la notion de transfert est-elle primordiale en psychothérapie ?

Tout d’abord considéré comme un obstacle à l’analyse, Freud s’est très vite aperçu que ce report d’affect est en fait le carburant même de l’analyste. C’est en étudiant les désirs originels refoulés, souvent dans la petite enfance, que le thérapeute pourra résoudre les problèmes du patient. C’est parce que le thérapeute va servir de « porte manteau » affectif qu’il pourra analyser et résoudre les problèmes de son patient. Les différents rôles que lui fera jouer son patient, de même que les émotions qui y seront associées, l’aideront à replonger le patient à la genèse du problème pour qu’il puisse se débarrasser des émotions et des comportements qui nuisent à son épanouissement.

Néanmoins, selon les individus, certaines nuances existent dans les définitions du transfert. Pour Lacan il est « symbolique » ou « imaginaire », le premier n’étant autre que « l’amour qui s’adresse au savoir » (sachant que l’analyste est supposé savoir) , le second étant un obstacle où le sujet résiste, ce qui l’empêche d’avancer. Pour Carl Gustav Jung, le transfert est un phénomène naturel dans la relation entre deux personnes qui va au delà du concept de « névrose de transfert » décrite par Freud. De plus, selon Jung, le transfert n’est pas à sens unique, c’est un mouvement à double sens qui implique autant l’analyste que le patient. Pour Jung, enfin, la notion de contre-transfert n’a pas le même sens que chez Freud dans la mesure ou elle se définie uniquement dans le cas où le thérapeute, par ses réactions, fait obstacle à la poursuite du processus d’analyse.

Ceci m’amène à donner un exemple qui illustre l’approche Jungienne : Je regarde parfois une émission télévisée qui s’intitule « Dans les yeux d’Olivier » ou le journaliste n’hésite pas à partager les émotions des gens qu’il interviewe, et il lui arrive de verser une larme lorsque la situation est particulièrement bouleversante ; c’est le seul, à ma connaissance, qui sait être connecté avec l’autre à ce point. Le résultat est que les gens se livrent beaucoup plus que dans n’importe quelle autre émission, l’empathie « vraie » favorisant la confiance. Je suis moi-même convaincu, grâce à mes différentes expériences en management et coaching, que la notion de « distance », qu’elle soit thérapeutique ou fonctionnelle dans le management, n’est pas indispensable, voir même souhaitable, il faut simplement « ne pas souffrir avec », ce qui devient contre-productif, en thérapie, comme en management ou coaching. Mes meilleures résultats de manager ont été atteints parce que j’avais brisé toutes les barrières, entre moi et les membres de mon équipe, qui m’empêchaient d’avancer avec eux. Si le thérapeute analyse et guide, il n’en est pas moins un homme qui doit se comporter comme un homme, tant qu’il oeuvre pour la progression du processus de guérison. Pour ma part, je considère qu’une distance physique trop importante, de même qu’un masque d’émotion peuvent être d’entrée des signes forts de contre-transfert de l’analyste, la peur de tomber dans un piège émotionnel étant forcément ressentie de façon non-verbal par le patient.

Le contre-transfert :

Définition :

Le contre-transfert est une projection inconsciente des affects du thérapeute, liés à son histoire personnelle, en réponse à ceux reportés par le patient sur lui. Considéré comme « le piège à éviter » selon Freud, il est important de ne pas tomber dans une spirale infernale ou les affects du patient alimentent les affects du thérapeute, ce qui briserait l’alliance thérapeutique.

Les signes annonciateurs d’un contre transfert :

  • Tendance à intervenir trop rapidement à cause d’une émotion d’un patient,

  • La contagion d’humeur où le thérapeute se cale sur celle de son patient,

  • L’irritation ressentie à cause des propos du patient.

Les causes possibles du contre-transfert peuvent être multiples :

  • D’ordre culturel (trop d’écart dans les valeurs et les références sociales et culturelles),

  • Schémas de pensées inconscients identiques entre le soignant et le soigné,

  • Rôle idéalisé du soignant,

  • Erreur de diagnostic dans la pathologie du patient,

  • Lien émotionnel avec le vécu du thérapeute,

  • Irritabilité pour des problèmes logistiques (règlement, retards…),

  • Pitié,

  • Problèmes personnels non résolus,

  • Compassion versus empathie (« souffrir avec » versus comprendre la souffrance),

  • Piège de la séduction (le thérapeute répond favorablement au report d’affect de désir de son patient),

Pourquoi est-il indispensable que le psychothérapeute maîtrise totalement son contre-transfert ?

Comme je l’ai expliqué précédemment, seule une alliance thérapeutique saine peut aider le patient à progresser dans son processus de guérison. Des difficultés à mettre en place une relation empathique, dues à un contre-transfert du thérapeute, menace directement tout processus de guérison.

Comment le psychothérapeute peut-il anticiper le contre-transfert ?

Selon Charly Cungi4, un thérapeute doit être vigilant lors d’un rapport collaboratif avec un patient, et il propose les trois observations permanentes du thérapeute à travers son approche dite de la technique du « petit vélo » :

En d’autres termes, à chaque fois que le thérapeute communique verbalement ou comportementalement, il dois se demander à l’avance si sa réponse au stimulus du patient est de nature cognitive ou émotionnelle. Si elle part d’un sentiment ou d’une croyance, le thérapeute devra la reconsidérer avant de la transmettre. Seule un contre-transfert complémentaire éventuel pourra répondre à une attente souhaitée du patient, dans le but de maintenir le lien thérapeutique. Néanmoins, même s’il répond à une attente, ce contre-transfert devra être résolu.

Il est bien évident que si le thérapeute se doit de contrôler l’alliance thérapeutique, il n’en reste pas moins un homme qui reçoit les affects de ses patients, et il n’est pas toujours facile de ne pas se sentir « touché » par certaines histoires. Ce sac à dos émotionnel se rempli donc à chaque séance un peu plus, et le thérapeute doit à son tour pouvoir vider ce sac, pour qu’il ne le transfert pas à nouveau chez ses patients. C’est la raison pour laquelle tout thérapeute sérieux est supervisé, d’une part pour partager les cas complexes, d’autre part pour vider le trop plein émotionnel accumulé. Il va sans dire, en fonction du vécu du thérapeute, qu’il aura résolu ses propres problèmes personnels, en suivant une thérapie, avant même d’exercer.

-3- Conclusion :

Transfert et contre-transfert, sujet bien complexe lorsque l’on sait que le but d’une vie est de répondre favorablement à des besoins, en fonction des stimuli qui nous sollicitent, les besoins étant eux-mêmes très souvent guidés par notre motivation à répondre à nos désirs pour le plaisir qu’ils provoquent. Ce besoin de plaisir pousse le patient à projeter très souvent l’image de la mère ou du père sur son thérapeute pour que celui-ci réponde favorablement à ses stimuli. Comment ne pas penser que ces stimulations déclencheront automatiquement des réflexes inconditionnels chez un thérapeute qui a forcément lui aussi ses propres zones d’ombre ? Ces dernières années j’ai rencontré beaucoup de thérapeutes et de psychanalystes à travers les différents stages que j’ai effectués. J’ai été stupéfait de constater dans quel état émotionnel sont ces gens, malgré l’image qu’ils/elles pensent montrer, malgré les belles paroles « théoriques » concernant la distance thérapeutique. Pour ma part, j’aime à penser que je ne suis qu’un homme conscient de mes faiblesses, et j’essaie d’accompagner, du mieux que je peux, les patients que je choisis, tant que l’alliance thérapeutique favorise le processus de guérison.

1: Ensemble des informations biographiques d’un sujet (familiale, médicale, professionnelle, conjugale, scolaire…) qui permettent de mieux comprendre la genèse d’un problème psychologique.

2: Fait de libérer les émotions refoulées.

3: Heinz Kohut (3 mai 1913 – 8 octobre 1981) est un psychanalyste américain né à Vienne (Autriche) qui a contribué massivement à la psychologie du Self.

4: Charly Cungi est surtout reconnu comme psychothérapeute spécialisé en thérapie comportementale et cognitive des problèmes de dépendances et a publié des articles scientifiques des manuels professionnels et des livres grand public reconnus. Il est membre fondateur et président d’honneur de l’Afforthecc (Association Francophone de Formation et de recherche en Thérapie comportementale et Cognitive) et directeur de l’enseignement de l’Ifforthecc (Institut francophone de formation et de recherche en thérapie comportementale et cognitive)

https://www.logpatethconsulting.homeip.net/blogphil/?p=13

Transfert émotionnel et contre-transfert

Je ne suis pas ton père!
(Le rôle de l'interlocuteur dans le transfert)

Table des matières

  • Introduction
    A- Comment on peut résoudre un transfert
    B- Conditions utiles à l’interlocuteur C- Le contre-transfert de l’interlocuteur Conclusion
    1. Être informé de la présence du transfert
    2. Être informé de son rôle potentiel
      • Se respecter totalement et en tout temps
      • Éviter d'aplanir les risques
      • S'abstenir de réparer l'oeuvre des parents
    3. Être informé chaque fois que le transfert est en jeu
    4. Disposer des capacités émotionnelles pertinentes
      • Oser se fier à son instinct
      • Accepter de frustrer l'autre pour se respecter
      • Être relativement à l'aise dans l'intensité émotionnelle
    1. Qu'est-ce qu'un contre transfert
    2. Comment reconnaître son contre-transfert
    • Pour alléger le texte, j'appellerai "protagoniste" la personne en transfert et "interlocuteur" celle qui est l'objet de ce transfert.
  • quelle sorte de coopération l'interlocuteur peut-il offrir et
  • en quoi celle-ci est-elle importante pour ne pas neutraliser le transfert ?
  • d'en reconnaître l'existence
  • de l'accepter
  • d'oser en être expressif
  • et de prendre les risques nécessaires pour le combler.
  • 1. Être informé de la présence du transfert
  • 2. Être informé de son rôle potentiel
  • Se respecter totalement et en tout temps
  • Je l'embrasse lorsque j'ai envie de le faire et non lorsqu'il me le demande. Si j'en ai envie lorsqu'il me le demande, je demeure fidèle à moi-même en répondant. Si je le fais pour lui éviter de vivre mon refus ou ma passivité comme un rejet, alors je suis en train de me mettre à son service et, par le fait-même, de nuire à sa démarche.
  • "Je sais que lorsque tu te mets au lit avant moi tu t'attends à ce que te rejoignes, mais jamais tu me le dis. Par contre, ta froideur irradie la chambre lorsque je n'obtempère pas à ta demande silencieuse. Elle s'étend à toute la maison le lendemains et je dois subir ton hostilité. Il t'arrive même de bouder durant plusieurs jours. Je ne suis pas débile! Je sais bien que tu me punis de n'avoir pas répondu à ton attente. Qu'à cela ne tienne! Je ne prendrai pas la responsabilité de deviner tes besoins et de t'épargner le risque de les prendre en charge. (Voir "L'hostilité" )
  • Éviter d'aplanir les risques
  • Françoise prend son courage à deux mains pour enfin exprimer à son mari son besoin de reconnaissance. Elle lui dit combien elle l'estime et à quel point son jugement sur ce qu'elle est et sur ce qu'elle fait est important pour elle. Elle lui demande de la féliciter et de souligner ses "bons coups" chaque fois qu'elle en aura besoin.

    Elle sera évidemment déçue car Rémi ne pourra pas répondre à son attente "chaque fois qu'elle en aura besoin". Ceci la mettra en rage et l'entraînera dans des querelles stériles.
  • S'abstenir de réparer l'oeuvre des parents
  • Toute ma vie avec elle j'ai tenté de compenser pour son passé de petit être maltraité en l'aimant et en la choyant par tous les moyens. Elle a été non seulement au centre de ma vie, mais au centre de toute notre famille. Pourtant, plus souvent qu'autrement elle se montrait méchante à mon égard. Je le tolérais et taisais ma souffrance car je comprenais qu'elle déversait sur moi sa souffrance du passé. Avec le temps, elle est devenue de plus en plus égocentrique et exigeante. Je l'ai finalement quittée avec l'impression d'avoir sacrifié vainement vingt ans de mon existence. Quelle tristesse!
  • 3. Être informé chaque fois que le transfert est en jeu
  • 4. Disposer des capacités émotionnelles pertinentes
  • Oser se fier à son instinct
  • Accepter de frustrer l'autre pour se respecter
  • Être relativement à l'aise dans l'intensité émotionnelle
  • 1. Qu'est-ce qu'un contre transfert
  • Annie travaille à devenir plus autonome. Au lieu d'acquiescer automatiquement aux dires d'Antoine et d'adopter ses opinions, comme elle a toujours fait, elle discute, s'oppose, émet ses propres opinions. Le changement d'Annie irrite Antoine. L'effacement, la docilité et la malléabilité d'Annie font partie des traits qui l'avaient d'abord attiré. Ces mêmes qualités ont ensuite contribué à la conservation d'un certain équilibre dans la relation. Jusque-là, l'attitude de sa femme confortait à Antoine dans le rôle qu'il avait joué dans sa famille d'origine: celui d'idole de sa mère. Il jouissait auprès de cette dernière d'un statut particulier: celui de détenteur de la vérité. Et ce pouvoir surfait lui donnait l'impression d'être "quelqu'un".

    L'équilibre est maintenant rompu par la démarche de changement d'Annie. La perte de pouvoir sur elle ébranle son impression d'être "quelqu'un". Le travail de résolution du transfert d'Annie le menace donc au plus haut point.

    Pour se protéger il tente d'abord de dissuader Annie de poursuivre sa psychothérapie, dénigrant à la fois la formule et le psychothérapeute. Puis il se met à réagir violemment lorsqu'Annie affiche son désaccord ou lui adresse une critique. Comme ses colères ne réussissent pas à neutraliser Annie, il se met à la dénigrer, pour miner sa confiance en elle et obtenir ainsi qu'elle redevienne plus passive. Cette tactique a déjà été efficace dans leur relation, mais elle provoque maintenant d'intenses réactions chez Annie et elle engendre des querelles d'une ampleur jamais vécue entre eux. Ces disputes donnent lieu à de longues bouderies d'Antoine.
  • 2. Comment reconnaître son contre-transfert
  • Luce fuit systématiquement tout homme qui lui plaît et qui s'intéresse à elle. Elle s'empresse de lui trouver des défauts qui la justifient de s'esquiver.
    • Michelle Larivey, psychologue
      Ressources en Développement
    • http://www.redpsy.com/infopsy/pastonpere.html

Rédigé par La boutique de cannelle

Publié dans #Psychologie

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